Les sound systems sont devenus populaires dans les années 1950, dans les ghettos de Kingston. A l'origine, ils jouaient du R&B américain, mais avec la naissance du reggae, les sound systems sont vite devenus les premiers relais de la production locale.
Surnommés "The Big Three" en Jamaïque Duke Reid (Duke Reid's The Trojan), Clement Dodd (Sir Coxsone's Downbeat) et Prince Buster (Voice Of The People) ont été les premiers sounds à connaître une vraie notoriété dans l'île.
En France les sound systems sont arrivés sur le tard avec comme pionniers, des sounds comme Stand Tall, King Dragon...
Aujourd'hui la relève est d'ors et déjà assurée et Easy Style Sound System en fait partie intégrante. Acteurs principaux de la scène parisienne Président (Sélecteur) et Alex (MC/Sélecteur) nous raconte, la création de leur crew, les activités de leur association Urban Son, les Soundclash...
Jamafra: Pouvez-vous présenter Easy Style, le crew, la création... ?
Easy Style: Nous sommes des amis de longue date, notre rencontre s'est faite à l'école en banlieue parisienne. Le point de départ du sound c'est l'association Urban Son crée en 2001. L'activité principale de l'asso à l'origine était le graph, un an après sa création nous avons monté Easy Style Sound System. Cela faisait déjà longtemps que l'on achetait des disques, alors la passion pour le mix et le désir de partager nos vynils nous ont donné envie de jouer en soirée.
Jamafra: Quels ont été les débuts du sound, son évolution et comment envisagez-vous l'avenir ?
Easy Style: Notre tout premier sound, on l'a posé en Bretagne, un peu pour gagner en expérience et aussi parce qu'il était difficile de trouver de la place pour jouer à Paris. Cette première soirée a bien plu, alors on a cherché des dates et du coup on a tourné là-bas l'été qui a suivi. A l'époque on était deux MC et deux sélecteurs, chacun a suivi son chemin et désormais nous sommes tous les deux plus Benco qui sélecte de temps en temps.
Par la suite nous avons joué une fois par semaine à l'Union Bar à Paris, mais ce qui nous a fait vraiment connaitre c'est d'avoir joué dans un squat à Courronne. Puis l'achat de notre sono nous a permis de jouer dans les festivals de Cologne, Bagnole sur Cèze...
Désormais nous jouons régulièrement à la Péniche Alternat (Quai de Bercy, 75), chaque soirée a une vibes différente et nous nous y sentons un peu comme à la maison . Aujourd'hui la passion est toujours là et il y a plein d'endroits où nous n'avons pas joué, alors beaucoup de dances se profilent à l'avenir.
Jamafra: On remarque que bon nombre de sound system continuent leurs activités en créant un label et en produisant des séries, est-ce quelque chose que vous envisagez ?
Easy Style: Un jour à terme, oui. Nous en avons déjà parlé, mais actuellement nous kiffons vraiment les dances et le plaisir grandit avec l'expérience, il nous reste encore beaucoup à accomplir dans ce sens .
Un label demande aussi beaucoup d'investissement personnel, le sound ne nous faisant pas vivre, il est difficile de l'envisager pour le moment. Nous prenons les choses au fur et à mesure, nous essayons de bien les faire, et nous restons concentrés sur le sound.
Jamafra: L'association Urban Son, les soirées Urban Party et le clash Urban Trophée pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces activités ?
Easy Style: L'association Urban Son c'est un peu notre force. Avec elle nous n'avons pas attendu que l'on nous invite pour jouer, c'est ce qui nous a permis de nous bouger depuis le début et de pouvoir organiser des soirées. Entourés de toute l'équipe cela nous permet de tenir le bar, gérer l'entrée, faire la sécurité...
Urban Party c'est plus les soirées official d'Easy Style ; le principe est de faire jouer à nos côtés un sound parisien et un sound de province. Ainsi ça amène un peu de fraicheur sur la scène locale et offre au public parisien de nouveaux sounds à découvrir. Cela nous permet aussi, avec ces connexions, de nous exporter en province et de créer un échange.
Et Urban Trophée ce sont les clashs entre sound system, actuellement nous sommes sollicités afin de mettre en place la nouvelle édition, mais nous sommes confrontés à des problèmes de salle. Nous avons déjà 8 à 12 sounds que nous avons sélectionné afin d'obtenir une certaine qualité.
Pour la prochaine édition nous allons ajouter, non sans regrets, la possibilité de jouer les dubplates en CD contrairement aux deux premières éditions, car beaucoup de sound ne font plus graver les dubplates sur acétate à cause du prix. C'est encore en discussion, car nous avons quand même envie de continuer à les jouer en vinyl.
Il y aura toujours des sets en 45T et là il est hors de question de jouer les singles sur CD. On nous reproche souvent qu'il y a trop de set en 45T à l'Urban Trophée, mais en termes de temps c'est 50/50 entre dubplates et 45T, nous on kiffe les deux et un bon sound doit savoir joué ses 45T...
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