Home > Chronik > (20/03/2008) #7: High Tunes by Legalize Hits ( 1/2 )

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#1: 14/10/2007


      High tunes ? Si ce nom là ne vous dit rien, vous ne tarderez pas à en savoir plus en lisant la chronique spéciale de Jamafra qui est allé à la rencontre de ces massives indomptables à la vibe roots, kulcha et love.
      Nous sommes plus qu' honorés de présenter ici un projet original et passionné, que nous ont livrés Yaniss Odua et Straika D au travers de leurs mots dans le récit, une aventure artistique et musicale à la croisée des chemins de la Jamaïque, des Antilles et de la métropole... Bouclez votre ceinture et savourez le voyage !

      Jamafra: Pouvez-vous vous présenter, votre parcours, votre rencontre ?

      Yaniss Odua: J'ai commencé dans les années 1990 en Martinique, sous le nom de Little Yanis. Mon premier album a vu le jour en 1992, mon second , "Yon pa yon", en 2002 chez Sony et aujourd'hui le label Legalize Hits. Avec Straika, nous nous connaissons depuis 1992, au pays, où nous faisions déjà des sessions ensemble. Et je suis arrivé en métropole en 1997.

      Straika D: Moi, je suis arrivé juste après en mars 1998. J'ai commencé dans les mêmes années, même génération. Mon premier enregistrement c'est en 1993 sur une compilation, qui s'appelait "Raggasonic". Ensuite, j'ai participé à divers projets, à raison d'un par an jusqu'en 1998. Puis j'ai posé sur à la compilation "Djamatik connection", un très bon album musicalement et c'est à cette occasion que j'ai rencontré Tyrone Downie, avec qui j'ai travaillé plus tard sur mon propre album "Free D.O.M". Juste avant ça Yannis m'avait invité sur son album. J'ai aussi travaillé sur les albums de Mc Janik, Lady Sweety, Guy al Mc. Parallèlement j'ai toujours eu une activité musicale, avec des collaborations sur des compilations dancehall antillais et des productions de 45T, jusqu'à la sortie de High Tunes sous le label Legalize Hits.

      Jamafra: High tunes est sorti sur votre propre label ; Legalize Hits, ce projet est indépendant des majors pour lesquelles vous aviez travaillé, pourquoi ?

      Straika D: Pour nous c'est une manière de pouvoir mettre en place nos propres projets sans avoir le côté "formatage", dicté par la direction d'une major. Dès que nous avons une idée en tête, nous maquettons directement le riddim et ainsi on peut sortir le vynil rapidement, sans aucune contrainte de temps.

      Jamafra: Vous aviez rencontré des difficultés dans ce domaine auparavant ?

      Yaniss Odua: Ce n'est pas par rapports à des difficultés, mais pour nous cette façon de fonctionner nous garantit une indépendance, une liberté totale et c'est notre objectif en tant qu'artiste d'être autonome au final, enfin en ce qui me concerne en tous cas.

      Straika D: En effet, je bosse beaucoup sur des compilations ou des singles et la plupart du temps les riddims sont imposés, c'est bien de poser dessus, mais on a aussi envie de le faire, car nous avons de la créativité à ce niveau-là. Nous ne nous positionnons pas seulement comme chanteur, nous nous inscrivons dans une démarche plus globale, nous avons notre vision de la musique. Ainsi nous pouvons créer nos morceaux et inviter d'autres artistes à participer à nos projets.

      Jamafra: Justement, vous avez l'intention de promotionner et de faire participer de jeunes artistes, c'est vous qui allez à leur rencontre ?

      Straika D: En fait il y a pas vraiment de "méthode ", nous sommes dans un réseau d'artistes en permanence et amenés à travailler avec de nouveaux Dj, comme à mon niveau avec le posse Jahspora, ce sont des frères qui sont avec nous depuis un moment et qui n'ont peut-être pas la possibilité justement d'être sur des projets, donc on a envie de favoriser ces connexions.

      Jamafra: Donc c'est par le biais des connexions artistiques que vous vous êtes fait connaître, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

      Yaniss Odua: Moi c'est grâce à mon cousin Daddy Harry, à l'époque, il jouait dans les Sound-system, c'était lui qui était sur la scène et je le suivais partout, jusqu'au jour où il m'a donné le micro et c'est parti...

      Straika D: De mon côté c'est parti de la même façon, au départ je ne toastais pas vraiment. C'est avec Général Tcho du Volkanik posse que je m'y suis essayé, le frère m'a donné le micro et il m'a dit : « C'est bon tu devrais continuer dans ce sens-là ». Je l'ai écouté et j'ai poursuivi sur cette voie en me rapprochant des frères qui m'entouraient, comme Guy al Mc qui m'a poussé et qui a posé sur ma première compilation.

      Jamafra: Donc pour vous c'est l'immersion et le bain musical dans lequel vous étiez au départ qui vous a poussé dans cette voie ?

      Yaniss Odua: Oui exactement, au début on suit, on observe, on regarde comment ça se passe, ensuite on a envie d'amener notre sauce dedans aussi.

      Straika D: Oui et puis il faut dire aussi qu'au pays, la mouvance dancehall ragga quand cela a émergé dans les années 90, elle était partout. Même dans la cour de l'école entre midi et deux, bon il n'y avait pas de platines, mais on était là à faire des sessions, on n'avait pas encore nos propres lyrics, on reprenait des sons qui tournaient, enfin c'était déjà une passion affirmée !

      Jamafra: Vous avez constaté une évolution en ce qui concerne votre carrière, mais aussi sur le mouvement en général ?

      Yaniss Odua: L'évolution du mouvement c'est bizness, mais bon de toute façon l'esprit du reggae ne va pas mourir. La vibe reggae existe toujours, elle évolue et grandit, c'est une musique que nous vivons. Elle fait partie de notre vie au quotidien, nous évoluons aussi avec elle, nous sommes plus qu'investis, c'est notre vie !

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